ULTRA MINIATURES
Afin de faire taire les ragots et autres diffamations, voici clairement point de vue et objectifs de mon élevage. La tentation peut être grande pour certains éleveurs d’essayer de produire les plus petits sujets. Beaucoup d’amateurs n’ont qu’un seul critère de recherche : la taille. La limite n’est pas encore très bien fixée pour ceux que l’on nomme ultra miniatures ou bien micro minis, autour de 70 ou 75cm.
Dès le début de mes importations il y a bientôt 10 ans, j’ai parcouru les origines et observé l’allure de ces tout petits ânes. Sans même considérer leur conformation et beauté, je n’ai pas trouvé mon bonheur, avec beaucoup trop de consanguinité et aussi effrayée par l’âge de mise à la reproduction de mères à 1 an. Celà ne peut en aucun cas correspondre à mon éthique d’élevage. Sans compter que beaucoup n’héritent pas du tout de leur taille par leur mère, bien plus grandes, à la hauteur de 84cm, ce qui fait une différence énorme. Pour une fiabilité de la descendance, il est à mes yeux très important d’avoir un pedigree homogène.
A quelques centimètres près, ce n’est donc pas la taille qui prime à l’élevage BBS. Beauté et élégance sur un modèle compact et bien éclaté est l’objectif premier. Un fil conducteur qui amène à choisir le plus beau pour pouvoir produire toujours plus beau. Ne pas confondre élevage et amélioration de la race avec simple reproduction. La question vient encore d’être posée dans le dernier numéro 2011 de la revue américaine ASSET (The National Miniature Donkey Association) : quand petit devient-il trop petit ?
Il faut savoir que la population des ânes miniatures est relativement faible et si certaines caractéristiques de la race sont perdues il ne sera pas possible de revenir en arrière. Comme l’ossature par exemple. L’âne miniature a toujours été un petit âne de travail et il risque de perdre son identité. Il doit être capable de porter de petites charges ou de tirer une charrette. Egalement un problème génétique peut survenir et mettre en péril la race, le nanisme en fait partie. Souhaitons que les études en cours apportent très rapidement la possibilité d’écarter les sujets douteux. Nulle race n’est à l’abri d’un problème génétique comme par exemple la race du cheval Arabe pourtant très répandue dans le monde entier, et qui a du subir pendant plusieurs dizaines d’années un problème d’immunodéficience sévère avec mort des poulains dans les premiers mois de vie. Avec environ 28% de la population porteuse, soit l’un de trois ou quatre chevaux adultes pouvant transmettre ce gène de maladie mortelle. Il y a maintenant un test ADN qui permet d’identifier les sujets porteurs.
Au fil des années, quelques ânes micro miniatures, autour de 70cm, se sont introduits parmi le cheptel de l’élevage. Ils sont soit nés à l’élevage de mères un peu plus grandes, soit choisis bébés et importés au sevrage, également de mères un peu plus grandes. Une seule exception pour une femelle née d’une toute petite ânesse et importée volontairement car issue du même père que l’un de mes étalons (justement ce n’est pas la plus petite !). Je n’imagine pas pouvoir les présenter dans un concours tel le National américain, mais ils n’ont pas la consanguinité habituellement rencontrée et leurs mères et grands mères ne sont pas des ânesses qui ont subit une saillie à 1 an.
Les ultra miniatures vendus sont proposés avec toutes les informations, taille exacte en cm (plus parlant que les inches pour beaucoup) de leur mère et grands mères notamment et avec tous les âges de première saillie dans leur famille. Pedigree sans consanguinité. Si ces ânons feront environ 72cm maximum adulte, leurs compagnons de jeu auront 2 à 4 cm de plus. Je ne fais pas vraiment la différence, seul le modèle me saute aux yeux. Le dernier sujet en cours d’importation apportera encore la preuve de mon choix incontournable pour une élite digne de la reproduction et amélioration de la race.



